Le chat manx ou chat de l’île de Man

Le chat manx ou chat de l’île de Man

Le manx est un chat  « anoure », c’est-à-dire privé de queue.

Son origine est incertaine. Selon la légende, il aurait été importé du Japon par des marchands phéniciens, ce que semblent attester d’anciens écrits mentionnant la présence en Orient d’un chat sans queue. Une autre hypothèse généralement admise par les amateurs anglais situe dans l’île de Man l’origine de la race. Certains auteurs en contestent  la validité. Pour eux, le manx se serait répandu dans l’île à la suite du naufrage d’un navire espagnol au large des côtes. Quelques-uns de ces chats se trouvant à bord auraient rejoint la rive à la nage et se seraient mêlés à la population féline locale.

Quelle que soit son origine. Il est incontestable que le manx appartient à une race antique et fascinante qui ne manqua pas d’attirer l’attention des amateurs. Un auteur de 1900 écrit : « Le manx est considéré par beaucoup comme une curiosité naturelle. Il diffère essentiellement du chat commun en ceci que sa queue est totalement absente, ou réduite à l’état de simple ébauche. Les pattes postérieures sont plus robustes et un peu plus longues que celles du chat commun et sa façon de courir s’apparente plutôt à celle du lièvre. » Et, plus loin : « Le chat manx est originaire de l’île de Man et constitue une race à part. » Une peinture de Pan illustre cette description : il s’agit d’un spécimen blanc aux yeux azur, appartenant à Mrs. Hester Cochran, de Wimborne. La race était assez populaire auprès des amateurs de chats de l’époque : un premier championnat fut remporté par un manx très admiré, marbré argent, et répondant au nom de Bonhaki.

La thèse selon laquelle le manx aurait les mêmes caractéristiques que le chat commun domestique n’emporte pas l’adhésion des éleveurs les plus compétents. Il a en effet le dos plus court, les pattes postérieures plus longues, une double robe et un museau plus plein et plus rond que les autres chats à poil court. En outre, le dos court et les longues pattes postérieures contribuent à lui donner une allure sautillante, semblable à celle du lapin, et complètement différente des mouvements plus souples des races munies de queue. La double robe est très belle, bien que quelques manx n’aient plus aujourd’hui cette caractéristique  particulière qui fait que le sous-poil doit être assez souple et épais, bien distinct du poil de jarre plus raide et plus long.

Toues les couleurs et tous les dessins sont admis pour les manx lors des championnats

Ceci explique que la catégorie manx soit très colorée et constitue l’une des attractions principales de tout exposition féline anglaise (le manx est rarissime en France). Le chat de l’île de Man ne présente pas deux sujets identiques par la couleur ou les dessins : il en existe des noirs, des blancs, des bleus,  des moirés de toutes les couleurs, des bicolores écaille et blanc, des tricolores écaille de tortue et même des marbrés. La couleur des yeux  – pour le manx d’exposition – doit être conforme aux normes établies pour les races munies de queue, dans chaque catégorie de couleur et de dessin. Ainsi, un manx bleu doit avoir des yeux de même couleur qu’un européen bleu.

Le mot « manx », généralement admis pour désigner une race à poil court, correspond en fait au gène dominant, qui produit l’absence  de queue, ou anourie.

En effet, le manx est produit par un gène dominant et si deux gènes manx sont transmis, le chaton qui en hérite meurt avant la naissance. Ainsi, une partie des chatons nés de manx ont une queue normale, même si les deux géniteur s sont de vrais manx, et un quart des chatons ainsi conçus ne survivent pas. Pour surcroit de complication, on doit se souvenir que le degré d’absence de queue varie suivant les chats : certains chatons ont une queue très petit, fait de quelques vertèbres ; d’autres ont une queue bien définie, courbée ou se terminant par un nœud ; d’autres enfin ont une queue normale, mais plutôt courte. Jusqu’à ces dernières années, on ne donnait accès aux expositions et au registre d’inscription de la race manx qu’à des chats véritablement sans queue, bien que tous les types décrits ci-dessus soient, génétiquement parlant, des manx. A l’heure actuelle, seuls les manx dépourvus de queue sont retenus pour les expositions, mais les éleveurs peuvent inscrire les autres variétés comme manx, dans le seul but d’éviter les accouplements consanguins et de conserver la race.

Les généticiens reconnaissent quatre variété de manx : le « rumpie » (sans queue), le « rumpie-riser », le « stumpie » (trapu, à queue tronquée) et le « longie ». Le rumpie est le seul manx admis dans les expositions ; il n’a même pas un semblant de queue, ou bien n’en possède qu’un embryon arrondi. Les rumpie-risers et rumpies sont souvent confondus, et en vérité la distinction, en de nombreux cas, est très difficile à faire : le rumpie-riser a en effet si peu de vertèbres caudales que, lors d’un examen hâtif, elles peuvent passer inaperçus. Les stumpies (queue écourtée) ont une queue qui se voit et qui, par conséquent, les rend très facilement identifiables ; les longies sont souvent pris pour des chats normalement pourvus de queue. Ce dernier phénomène confond souvent la science des éleveurs qui, ne les considérant pas comme des manx, sont surpris des résultats donnés par leur reproduction.

Tandis que de très nombreuses races de chats se définissent par rapport aux différentes longueurs du poil, à leur corpulence ou simplement à la couleur ou aux dessins de la robe, le manx est l’une des trois seules variétés connues dont un gène distinctif concerne la structure du corps. Les deux autres variétés sont le bobtail japonais et le fold écossais (respectivement « queue coupée », et « pli »). Ni l’une ni l’autre ne sont exposées en Europe, mais toutes deux peuvent se rencontrer aux Etats-Unis. Bien que le bobtail japonais soit un chat de type plus oriental, exclusivement élevé dans des couleurs noire, rousse et blanche, de nombreux éleveurs pensent qu’il est semblable, sinon identique, aux manx. Une différence remarquable existe cependant dans la mesure où le bobtail de race est dit « viable », c’est-à-dire qu’un chaton ayant hérité de deux gènes bobtail (qui déterminent l’absence de queue) est viable à la naissance ; comme nous l’avons vu plus haut, ce n’est pas le cas du manx. Si ces faits sont vérifiés, il y a alors suffisamment de preuves pour différencier génétiquement le bobtail du manx.

Le fold écossais est un chat dont la pointe des oreilles se courbe en avant, ce qui lui donne l’aspect d’un petit chiot.

L’anourie, comme pour le manx, est due à la présence d’un gène dominant. On ignore généralement qu’il existe d’autres différences structurales chez les folds écossais, qui présentent souvent une queue tronquée, mais plus grosse. Selon quelques auteurs, les autres caractères rencontrés chez les fold, mais auquel il a été permis de s’exprimer à travers le fold, exactement de la même manière que les variétés de manx (rumpie, rumpie-riser, stumpie et longie), peuvent s’exprimer grâce à la présence du gène manx. Une récente enquête effectuée sur les manx, à partir de documents d’élevage, par Blanche Jensen et par le généticien Roy Robinson, a premis de formuler une hypothèse selon laquelle existerait un (ou plusieurs) gène modificateur chez le manx, donnant une des quatre variétés.

Des accouplements expérimentaux effectués avec des folds écossais ont démontré que le chat de race est viable et que, contrairement au manx, la présence de deux gènes dominants folds n’entraîne pas la mort utérine du chaton qui en hérite.

Pour clarifier quelque peu les choses, on peut dire (si toutes ces hypothèses sont vérifiées) que le manx a un gène qui entraine l’absence de queue et que ce gène est dominant et létal, c’est-à-dire mortel, si un chaton hérite le gène dominant de chacun des géniteurs. On peut dire également que le fold écossais dispose d’un gène dominant qui détermine l’anourie, mais que ce gène n’est pas létal, alors que chez le bobtail japonais, le gène se semble ni dominant ni létal.

On a beaucoup écrit sur les difficultés d’élevage du manx et de nombreux amateurs se sont découragés. Le manx rumpie destiné aux expositions est le plus difficile à élever, spécialement durant les huit premières semaines de sa vie. Au contraire, le manx stumpie a une probabilité de survie nettement supérieure. La cause de la mortalité des chats rumpies est le plus souvent due à une ou plusieurs malformations de la cage thoracique, de la colonne vertébrale et des pattes postérieures, ou encore à une anomalie de la structure anale. La meilleure méthode d’élevage consiste à éviter les accouplements entre rumpies, même si ces accouplements sont ceux qui peuvent produire le plus grand nombre de chats rumpies.

De nombreux éleveurs accouplent le manx rumpie avec le manx stumpie ou avec des chats à queue normale ; la première méthode étant un accouplement manx avec manx a donc de plus fortes chances de donner des portées comportant des chatons manx. L’accouplement « au-dehors », c’est-à-dire avec des chats à queue normale, donne une probabilité de 50% d’obtenir des chatons manx appartenant aux quatre types rumpie, rumpie-riser, tumpie et longie ; le caractère manx est contrôlé par le gène (ou les gènes) hérité des duex lignées génétiques, à savoir provenant soit du géniteur manx, soit du géniteur à queue normale.

Lorsqu’elle met bas, une chatte manx doit être traitée comme n’importe quelle chatte et l’assistance d’un vétérinaire peut être nécessaire. La période de gestion varie de 62 à 64 jours et le nombre moyen de petits par accouplement de manx avec des chats à queue normal est le même que celui des autres races à poil court. Mais, lorsqu’un manx est accouplé à un manx, il faut s’attendre à des portés moins importantes (à cause du caractère létal du gène dominant).

Le Manx est un chat sympathique et fascinant

très prisé des éleveurs pour les succès qu’il remporte dans les expositions et l’intérêt qu’il y suscite. En raison de la grande diversité de couleurs et de dessins de sa robe, chacun peut trouver dans un manx le chat qu’il recherche. Cependant, à cause des difficultés d’élevage énoncées ci-dessus, il convient d’acquérir un chaton exempt de malformations accentuées et âgé d’au moins huit à neuf semaines.

Notons qu’il existe aussi des chats sans queue à poil long ; on les élève sous le nom de race « cymric ».

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