Le chat havana

Le chat havana

Le chat havana connu aussi sous le nom de « chesnut brown », est en fait un siamois à la robe couleur chocolat. En Europe, on exige pour lui une conformation en tous points identique à celle de ce dernier : corps aux lignes allongées ; taille moyenne ; aspect souple ; muscles solides ; queue longue, semblable à un fouet ; pattes longues également, et minces (celles de derrière légèrement plus hautes que celles de devant) ; pieds petits et ovales ; coussinet plantaires charnus et légèrement  teintés de rose ; robe lisse au poil bien fourni, dans toutes les nuances d’un brun foncé intense ; tête longue et parfaitement proportionnée, se rétrécissant vers le museau ; oreilles grandes et pointures, larges à la base, peu poilues. Yeux de forme orientale, enfoncés dans les orbites, d’un vert très prononcé (alors qu’ils sont bleus chez le siamois).

Le standard américain est formulé différemment :

il exige un chat d’un type unique, distinct du siamois, aux caractéristiques moins accentuées.

Les différences entre le havana d’Europe et le chesnut Brown américain résident surtout dans la forme de la tête ; le standard américain impose un museau arrondi, des mâchoires saillantes ; le profil doit montrer une ligne rompue au niveau des yeux ; dans ce cas, l’extrémité du museau est presque carrée.

Dans les expositions, les règlements américains  pénalisent l’absence de stop, un menton trop estompé, des oreilles trop pointues, des yeux excessivement « orientaux »aussi bien qu’excessivement arrondis, un corps trop massif ou au contraire trop élancé, une robe trop foncée ou d’une texture trop rêche.

En France, conformément aux normes de la Fédération internationale  féline, les plus gros défauts d’un havana sont :

la présence de poil blanc dans la robe, des traces de jaune ou de bleu dans les yeux ; d’autre part, comme nous l’avons vu, le havana ne doit pas s’écarter du type siamois.

La première documentation concernant un chat brun unicolore remonte à 1894, date à laquelle une certaine Mrs. French importa une chatte répondant au nom de Granny Grunps, qu’un contemporain décrivit, elle et son chaton Master Timkey Brown, comme étant des « siamois à la robe brillante couleur châtain, avec des yeux bleu-vert ». Trois chats d’origine suisse, présentés également comme des unicolores chocolats, furent aussi importés en Angleterre vers la fin du XIX siècle. L’un d’eux, du nom de Sin Li, serait le fondateur de la race. Il mourut, malheureusement, avant la naissance de sa progéniture. Puis il y eut d’autres importations, mais on n’a pu établir si elles consistaient en unicolores chocolat ou en burmeses zibeline. Il est vrai que l’on ignorait alors à peu près tout des différences génétiques existant entre ces deux races.

On se souciait peu, à l’époque, de répandre des chats bruns unicolores, et ceci probablement par ignorance des lois héréditaires propres aux siamois et aux burmeses. Il est vrai que si un burmese zibeline avait été croisé avec un siamois unicolore chocolat, les chatons auraient été uniquement noirs : résultat assez décevant pour un éleveur de la première moitié de ce siècle.

En 1951 cependant, la baronne von Ullman, qui avait étudié les lois de l’hérédité permettant de déterminer la couleur des chats unicolores bruns et favorisa des accouplements entre son mâle siamois chocolat et une chatte noire nommée Alley.

Elle se mit également en rapport avec Mrs. Armitage Hargreaves, de Devon, qui élabora un programma d’élevage et recourut aux services d’européens bleus, de siamois et de bleus-russes. A cette même époque, une autre Anglaise, Mrs. Munro-Smith, essaya, à titre expérimental, d’obtenir des persans colorés, et un mâle brun chocolat naquit vers la fin de 1952. D’autres amateurs furent intéressés par ces chats au poil acajou et brillant et aux yeux vert émeraude et, assez rapidement, plusieurs lignées distinctes les unes des autres firent leur apparition.

C’est en 1956 que le premier couple reproducteur traversa l’Atlantique en direction de la Californie pour faire souche aux Etats-Unis. Vers 1958, après que trois générations de havana aient donné des chatons havana, la race fut reconnue officiellement

Toutefois, une sérieuse controverse s’éleva lorsqu’on s’avisa que la terminologie  « havana » n’irait probablement  pas sans  créer dans l’esprit du grand public quelque confusion avec le lapin du même nom, élevé surtout pour sa fourrure. Le Goverving Council décida alors de les appeler  « chats marron brun à poil court », et il en fut ainsi jusqu’en 1970, c’est-à-dire jusqu’au moment où l’on s’aperçut que cette dénomination était vraiment peu pratique. Et l’on en revint, de nouveau, au « havana ». En France, on le connait aussi sous le nom de « chesnut havana ».

Le havana obtint son premier titre de champion dans les années soixante,

puis l’espèce alla diminuant numériquement de façon alarmante, au point qu’il devint très difficile de trouver un chat unicolore brun dans une exposition ; ces très admirés dans les expositions ; ces très beaux chats, d’humeur égale, s’y révèlent en effet comme des éléments idéaux, sans la moindre tendance exhibitionniste, même si quelques-uns d’entre eux, en particulier les mâles, se montrent parfois très joueurs. Affectueux, débordant de vie, c’est un plaisir d’autant plus grand d’avoir un chesnut havana pour compagnon qu’il exprimera toujours sa reconnaissance de la moindre attention que lui manifestera son maître.

Une bonne alimentation, bien équilibrée, riche en protéines et en lipides, donnera à sa robe un éclat qu’aucune toilette ne pourra jamais égaler ; un peu d »exercice physique le maintiendra en excellente forme et aura de plus l’avantage de faire travailler ses muscles.

Une sélection attentive des havanas destinés à la reproduction en a pratiquement éliminé les tares congénitales. Ils semblent en effet parfaitement immunisés contre les affections des voies respiratoires et les états fiévreux.

Certains défauts de structure assez fréquents chez les havana :

queue nouée, dentition défectueuse, sternum en saillie, ne se rencontrent que rarement chez eux. Les havanas sont en outre d »excellents reproducteurs. Les femelles mettent bas sans difficulté et se montrent d’excellentes mères.

Très précoces, les chatons se développent  rapidement. Dès le troisième ou le quatrième jour, ils ouvrent les yeux (ce que la plupart des chats ne font qu’à partir du dixième jour) et commencent à se mouvoir en rampant, ou presque. Ils sont vite sevrés, mangent et commencent à ronronner très tôt. Extrêmement intelligents, et prompts à exploiter toutes les situations, il convient de les dresser dès leur âge le plus tendre si on ne veut pas les voir devenir les véritables maîtres de la maison. Ils s’adaptent très bien à la vie sédentaire, ce qui fait  d’eux les compagnons rêvés des personnes qui ne sortent que rarement.

Les havanas sont aussi indiqués à ceux qui changent fréquemment de domicile car ils supportent bien les voyages et s’adaptent rapidement à leur nouveau  milieu. Si l’on ajoute à cela leur fidélité et la douceur de leur tempérament, on voit qu’ils peuvent satisfaire les amateurs les plus exigeants.

La toilette du havana ne pose aucun problème.

Le meilleur moyen de bien entretenir sa robe est de la lisser chaque jour avec la paume de la main ; cela lui donne un brillant magnifique et présente,  de plus, l’avantage de fortifier ses muscles. Chaque semaine, il convient d’examiner ses griffes et les tailler, au besoin, avec une petite pince. L’intérieur de l’oreille pourra être nettoyé avec un produit gras.

Avant de les faire participer à une exposition, on a coutume de lisser leur robe avec une peau de chamois douce et sèche, ou une étoffe de soie, afin de la rendre plus brillante encore. De temps en temps, les mâles peuvent avoir besoin de prendre un bain, afin que disparaisse la sécrétion grasse des glandes sébacées situées, à la base de la queue. Un massage de la robe, avec les doigts humides, suffit pour faire tomber le poil mort au moment de la mue de printemps et d’automne.

En raison de l’intérêt que suscite la race auprès d’un nombre toujours plus élevé d’amateurs, il est devenu de plus en plus difficile de se procurer un chaton havana. Le mieux est de se mettre en rapport avec un éleveur de bonne réputation, afin d’obtenir un chaton bien élevé, bien éduqué et parfaitement sain.

S’il existe en Grande-Bretagne de nombreux clubs consacrés au havana et, par conséquent, en mesure  de fournir de précieux conseils à tout acquéreur, il n’en est pas de même en France, car le nombre d’éleveurs s’intéressant à cette race y est très limité.

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